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NEWS // Story


Portrait © Poullenot/Aquashot.




27/01/09
Josh Kerr
Air Freak

Aérien, créatif et imprévisible, Josh Kerr, surfer originaire de la Gold Coast, invente des tricks (le Kerr-upt flip) et propose un surf de haute technicité pas toujours facile à exprimer en compétition. Mais en free session, l'Australien est un véritable freak.
Texte Momal Z.

En 2007, Josh Kerr se qualifiait sur le World Tour ASP. Les observateurs voyaient en lui le symbole du renouveau sur le circuit et celui qui pourrait amener une touche de modernité parmi les surfers parfois trop “classiques”. Mais l'expérience de Josh Kerr sur le Dream Tour aura été de courte durée, se transformant en cauchemar lors de cette saison marquée par la médiocrité des vagues sur la majorité des spots. Le Flying Boy australien ne parviendra pas à se maintenir et gardera un souvenir assez amer de son passage dans l'élite. Surfer au répertoire de tricks moderne, le créatif Josh Kerr emmène le sport vers des sommets de technicité et ne semble pas avoir besoin de la compétition pour exister. Préférant le free surf comme moyen d'expression, il hésite encore à revenir sur le Tour alors qu'il a pratiquement son ticket pour l'élite en poche ! Interview avec un sacré personnage lors de son passage en France en septembre.

Alors, quoi de neuf Josh ?
Pas grand-chose, je suis content d'être en France. J'ai fait quelques WQS et je suis ici pour présenter la vidéo Changes avec mon sponsor Rusty qui est de retour en Europe.

Tu es originaire de Tweed Heads. C'est comment chez toi ?
C'est un endroit exceptionnel où grandir. On a une super vague à Snappers Rocks. De manière générale, les Australiens sont très tournés vers la plage et ils aiment le style de vie qui va avec. C'est un peu comme la France en été, sauf que là-bas ça dure toute l'année et spécialement sur la Gold Coast qui bénéficie d'un climat chaud. J'ai commencé à surfer tout petit avec mon père puis je suis devenu membre du Snappers Boardriders Club. C'est un peu une coutume chez nous de faire partie de ces boardriders clubs. Mon club a une très longue histoire. Des surfers extraordinaires en font partie comme Rabbit Bartholomew, Joel Parkinson, Dean Morrisson ou Jay Phillips. Ils sont une source d'inspiration pour moi et j'ai essayé de les égaler.

Beaucoup de gens te classent dans la catégorie des “aerialists” (les surfers adeptes des airs) ou des surfers volants, est-ce que ce n'est pas un peu réducteur ?
J'adore les airs, mais je pense que j'ai bien plus à offrir que des tricks aériens. Tous les surfers se retrouvent un jour ou l'autre classés dans une catégorie. Moi, je fais juste mon truc et j'espère que les gens voient en moi plus qu'un simple spécialiste des airs.

Les tricks aériens sont devenus la norme. Pourtant, le monde du surf a souvent été suspicieux envers ces manœuvres. Est-ce que tu t'es senti affecté par ces critiques lorsque tu apprenais ces tricks ?
Oui plutôt. Quand j'étais kid et que je bataillais à passer mes airs, je me faisais souvent chambrer par les plus vieux qui me disaient : « Mais pourquoi tu fais ça ? Tu ne peux pas surfer la vague comme tout le monde ? » Je leur répondais que ce n'était pas assez marrant et que je voulais tenter des trucs. C'était super amusant de balancer des tricks aériens sur les beach breaks, c'est la meilleure sensation que je connaisse.

Comment analyses-tu ton bref passage sur le World Tour ASP en 2007 ?
C'était une mauvaise saison dans l'ensemble, surtout pour les vagues. C'était pourri presque toute l'année sur la majorité des spots ! Je m'attendais vraiment à mieux sur le Dream Tour, c'était déprimant parfois. Tu te tapes des voyages à l'autre bout du monde pour ne surfer que des vagues de trente centimètres alors que tu t'attendais à surfer des bombes de trois mètres, ça craint…

Tu proposes un surf qui nécessite une énorme prise de risques. As-tu changé ou adapté ton style au format de compétition du World Tour ASP ?
Oui, j'ai essayé, mais j'aurais tellement souhaité ne pas avoir à le faire. It sucks ! À la fin de l'année, j'étais tellement dégoûté que je me suis juré de ne plus jamais faire de compétition de ma vie. Je ne voulais plus avoir à adapter mon surf pour plaire aux juges, je voulais juste surfer comme je sais le faire et rien d'autre.

Penses-tu que le format de compétition que propose l'ASP permet aux surfers d'exprimer leur véritable talent ?
C'est de mieux en mieux en tout cas. Il y a de plus en plus de surfers qui amènent du changement, mais je pense qu'il faudra attendre encore cinq ans, avec la future génération qui a totalement intégré les tricks aériens, pour réellement faire évoluer la vision des juges sur le surf.

Dane Reynolds a déclaré dans une interview qu'on ne pouvait pas vraiment surfer à 100 % en compétition car c'était beaucoup trop risqué. Qu'en penses-tu ?
Je pense que tu dois assurer tes deux vagues notées en surfant à 70 %. Et une fois que tu as assuré tes vagues, là tu peux te lâcher à 100 % (rires). Il n'y a rien de meilleur que de surfer à 100 % et rentrer tous ses tricks et manœuvres, mais c'est difficile à réaliser dans toutes les séries. C'est dur de maintenir un très haut niveau de surf tout au long d'une compétition.


Que penses-tu de la retraite de Bruce Irons de l'ASP World Tour ?
Il vient de gagner un contest et je trouve que c'est cool pour lui. Je crois qu'il n'est plus autant intéressé par le circuit, il a l'air de s'y ennuyer. Sa décision le rend déjà plus heureux. Il le sera encore plus lorsqu'il redeviendra un free surfer et qu'il pourra montrer à travers les magazines et les vidéos quel surfer extraordinaire il est.

Le surf aérien est-il bien noté en compétition selon toi ?
Oui ça va, mais je trouve que le surf classique est encore trop bien noté.

Le surf de compétition est en train de changer grâce à des surfers comme Jordy Smith, Dane Reynolds, Jamie O'brien et toi-même. Comment doit évoluer la compétition pour permettre aux participants d'offrir leur meilleur surf ?
Je pense que l'on peut imaginer un format bien meilleur. Prendre deux bonnes vagues en 25 minutes, ça bride tout le monde… On devrait pouvoir imaginer un format où le surfer serait obligé de se lâcher à 100 % pour gagner.

Mais tu as fait quelques WQS pourtant ?
Oui mais pas tant que ça, j'en ai fait seulement sept depuis le début de la saison.

Est-ce que la compétition améliore ton surf ?
Ça te donne beaucoup de confiance en tout cas, donc d'une certaine manière je dirais que oui. Tu surfes toujours mieux lorsque tu es en confiance.

Tu as de fortes chances de te requalifier sur le Dream Tour. Comment envisages-tu ce retour ?
Je ne sais pas… Je pense que je ne suis pas encore assez prêt, j'aimerais attendre encore un peu… Il faut que j'en discute avec mon sponsor.

Donc le Dream Tour ne te fait pas rêver ?
Non. Je me sens encore jeune et j'ai envie de faire d'autres choses comme des trips photo, des tournages vidéo. Ma priorité est le free surf en ce moment.

Que penses-tu de la saison de Kelly Slater ?
C'est exceptionnel, il surfe encore tellement bien. C'est un exemple, il a 36 ans et pour moi, à 24 ans, ça me laisse beaucoup d'espoir parce que je me dis qu'il me reste encore 12 à 15 années devant moi à surfer au plus haut niveau (rires) ! Le surf est un sport particulier dans le sens où si tu entretiens ta motivation et ton corps, tu peux surfer à un très haut niveau, et parfois même devenir meilleur, jusqu'à tes 40 ans…

Que penses-tu du contest Kustom Air Strike ?
J'adore ! C'est bien pour tous les surfers, amateurs ou professionnels. Il y a beaucoup de kids en ce moment qui envoient des tricks incroyables. Pour ma part, j'essaie toujours de nouveaux tricks donc j'y participe bien sûr, et si en plus je peux empocher le pactole de 50 000 $, c'est du bonus. Il faudrait faire ça chaque année, comme c'est le cas avec les grosses vagues à travers le Billabong XXL. Ça permet aussi au surf de continuer à progresser au niveau technique.

Ne pourrait-on pas imaginer un circuit qui propose différents formats comme c'est le cas en skateboard ou en snowboard ?
Oui en effet, nous n'avons pas encore cette diversité comme en skate avec des contests de street, de bowl, de best trick, ou en snowboard avec du slope style, half pipe, big air et quarter pipe. Je pense qu'on pourrait être tout aussi créatif… Come on !

Tu as inventé le Kerr-upt flip. Comment l'as-tu imaginé ?
J'sais pas trop, disons que ça vient d'un rêve. J'ai toujours rêvé d'inventer un trick…

Pas mal le nom que tu as donné à ce trick !
Oui, c'est sorti de la bouche d'un pote qui avait l'habitude de m'appeler “Kerruption”, il a trouvé Kerr-upt flip. Je suis très fier que des riders comme Jamie O'Brien le tentent aujourd'hui.

FICHE TECHNIQUE

> Nom : Josh Kerr
> Surnom : Kersey
> Date de naissance : 29/03/84
> Lieu de naissance : Tweed Heads, NSW, Australie
> Taille : 172 cm
> Poids : 70 kg
> Stance : Regular
> Vagues favorites : À la maison sur la Gold Coast, l'Indonésie et n'importe quelle vague tubulaire.
> Tricks favoris : Barrels, airs et bien sûr le Kerr-upt flip.
>  Surfers favoris : Andy Irons, Kelly Slater, Taj Burrow et Joel Parkinson.
>  Hobbies : Motocross
> Sponsors : Rusty surfboards et clothing, Peak wetsuits, Von Zipper eyewear, Mrs. Palmers wax, Nixon et Kustom footwear.
> Shaper : Aido Wheeler
 

 
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