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NEWS // Story


Bienvenue dans le plus grand skatepark du monde.




05/12/08
New York
Apple Juice

En mai 2008, Bastien Duverdier, Bastien Marlin et Jérémy Hugues sont partis skater les mythiques rues de New York. Comme dans tout skate trip digne de ce nom, ils y ont découvert bien plus que de très bons spots. Action.
Texte et photos Kévin Métallier

Comme le chantait si bien le crooner Frank Sinatra : « I want to be a part of it, New York, New York ! » La ville qui ne dort jamais demeure incontestablement l'une des mégalopoles les plus fascinantes et les plus attrayantes de la planète. Un séjour au cœur de la Big Apple, véritable source d'inspiration pour de nombreux artistes mondialement reconnus et théâtre d'autant de films mémorables, ne laisse jamais indifférent, surtout la première fois.

Bastien Duverdier et ses acolytes Jérémy Hughes et Bastien Marlin ont tenté l'expérience et exploré en skateboard la cité new-yorkaise, à la recherche de ses spots mythiques. Retour sur un périple mémorable, aux travers de quelques photos et de “spécialités locales” incontournables pour quiconque souhaite cruiser dans Manhattan ou se payer le luxe d'un wallride à Brooklyn Banks.


> Le questionnaire vert…
Le truc marrant lorsque vous embarquez pour la première fois à bord d'un avion à destination des Etats-Unis, ce sont les mesures de sécurité drastiques. Ça n'a l'air de rien comme ça, mais tout est mis en œuvre pour déceler le moindre objet ou individu suspect, écarter le plus petit risque d'action terroriste et garantir la sécurité des passagers. Voici, à titre d'exemple, une petite sélection des “meilleures” questions de ce fameux questionnaire que tous les passagers doivent remplir avant de se présenter aux services d'immigration à l'arrivée. (Les réponses ne sont évidemment pas à prendre en compte…)

- Avez-vous obtenu ou essayé d'obtenir un visa ou l'autorisation d'entrer aux Etats-Unis en fraude ?
- Euh, attendez je réfléchis pour ne pas répondre une connerie… Oui, oui, j'avoue, mon visa est factice. Je l'ai obtenu par des espions moldaves exilés en Ouzbékistan.
- Avez-vous jamais été détenu ?
- Oui, je suis sorti hier après sept ans de taule pour trafic d'armes.
- Avez-vous refusé la charge d'un enfant à un citoyen américain ayant la charge légale de ce même enfant ?
- Ça dépend des jours.
- Avez-vous jamais été, ou êtes-vous actuellement, engagé dans des actes d'espionnage ou de sabotage, des activités terroristes ou un génocide ?
- Euh, pour être honnête j'essaie d'arrêter.
- Participiez-vous entre 1933 et 1945, à n'importe quel titre, aux persécutions associées à l'Allemagne Nazie ou à ses alliés ?
- Ben, je suis né 33 ans après, alors du coup ça n'a pas été possible.
- Désirez-vous entrer aux Etats-Unis afin de participer à des activités criminelles ou immorales ?
- Juste faire chier les vieux avec ma planche à roulettes !

Ah, on se sent tout de suite plus en sécurité, vous ne trouvez pas ? Bon, je vous l'accorde, ça peut paraître quelque peu déconcertant, voire ridicule, mais ça peut aussi constituer une bonne distraction pour ceux qui ont peur en avion. En tout cas, ça annonce la couleur, on ne rigole pas avec la sécurité chez l'oncle George.

> Le quadrillage gris…
Se balader à travers New York, et particulièrement dans Manhattan, c'est un peu comme participer à une partie de bataille navale grandeur nature dans laquelle les navires de guerre auraient été remplacés par des buildings surdimensionnés et les marins en casquette à pompon par des hommes d'affaires pressés. Les impacts de missiles étant matérialisés par des plaques d'égout encore fumantes. Ici « Streets » et « Avenues » se partagent équitablement le territoire, en suivant un
quadrillage méthodique présentant l'avantage pour n'importe quel touriste de pouvoir se repérer dès les premiers jours et ce malgré l'immensité de la ville. Les “Avenues” découpent la ville du nord au sud tandis que les “Streets”, plus petites, s'étendent d'ouest en est. Ces axes étant pour la plupart numérotés, ce découpage géométrique permet de mieux comprendre la déroute de
certains touristes américains dans des villes comme Paris, Barcelone ou Amsterdam. Leur sens de l’orientation y est alors mis à rude épreuve.

> Les taxis jaunes…
Vous le saviez probablement déjà, mais New York se divise en cinq grands quartiers, les « five Boros » : Manhattan, Staten Island, le Queens, le Bronx et Brooklyn. Lorsque vous atterrissez à l'aéroport JFK, vous gagnez d'office une jolie balade en taxi à travers Brooklyn pour rejoindre l'île de Manhattan. Sans épiloguer pendant des heures sur les fameux taxis jaunes et leur vitre pare-balles qui vous sépare du conducteur, sachez juste que le taxi est un excellent moyen de découvrir la ville, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. En ce qui nous concerne, même si nous avons probablement passé plus de temps les pieds sur nos planches à roulettes que le cul sur les banquettes des “Yellow cabs”, nous avons pu apprécier le côté pratique et reposant des trajets en taxi. Plus particulièrement à des heures tardives, après de bonnes soirées animées dans les nombreux clubs de Manhattan. Outre sa fonction première de transporter des clients d'un point A à un point B, le taxi jaune permet également d'assister à diverses scènes atypiques tout en étant confortablement installé, la vitre en guise d'écran, comme dans une sorte de cinéma ambulant pour touristes néophytes. Brooklyn la nuit c'est un peu comme se retrouver subitement dans un épisode de Starsky et Hutch, version new-yorkaise. La cultissime Torino rouge et blanche s'est transformée en taxi jaune mais c'est bien Huggy les bons tuyaux, ou peut-être un descendant, qui est au volant. Et là c'est le drame ! Arrêtés à un feu rouge, vous assistez, impuissants, à un règlement de compte entre deux gangs sur le trottoir. (Si le terme “gangs” vous gène, vous pouvez le remplacer par “bandes rivales assoiffées de sang”). La violence de la scène vous colle au siège, surtout lorsque l'un des gredins (là encore, si le substantif « gredins » vous chagrine n'hésitez pas à le remplacer par le terme « canailles », ça marche également) se fait généreusement revitaliser le cuir chevelu à coups de batte de base-ball, l'un des sports favoris des New-Yorkais. On s'entraîne comme on peut… Pour ceux qui commenceraient à stresser, sachez que nous nous en sommes sortis sains et saufs, le chauffeur ayant mis les gaz une fois le feu passé au vert. À vrai dire, en dépit de cette scène et de ce que les films d’actions nous ont trop souvent montré, New York est une ville plutôt tranquille.


Remerciements : Tom pour l'accueil, la patience et tout le reste, Josh pour la motiv' permanente et les soirées de folies, Alex Deron et Vans, Nolan Lee pour les sessions et l'Empire State Building pour les rencontres inattendues…
 

 
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