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NEWS // Story


Une session de tow-in nécessite pas mal de matos. Beaucoup utilisent un pick-up derrière lequel on peut facilement remorquer un jet ski.




14/11/08
Le tow-in de a à Z

Une quinzaine d’années après son invention, le tow-in a repoussé les limites du big wave riding et a permis de découvrir de nouveaux spots. Mais il a aussi introduit de nouveaux mots dans le vocabulaire du surfer. Alors pour ne plus être à la street, Beach Bro se propose de vous raconter le tow-in de A à Z.
Texte Momal Z.

Adrénaline. Ils en sont tous accrocs, à tel point qu’on se demande comment feront les tow-in riders lorsque leur santé ne leur permettra plus de conquérir les montagnes d’eau qu’ils dévalent. Le rush d’adrénaline peut être tellement violent qu’il peut vous faire pleurer, comme Laird Hamilton après la vague historique qu’il shoota en 2000 à Teahupoo. Sur la photo ci contre, Kealii Mamala s’offre sa dose à Shark Park.

Belharra. Depuis la dernière session, le spot de Belharra au large d’Hendaye n’a pas fonctionné. Le 10 mars 2003, Sébastien St Jean a chopé la bombe de plus de 60 pieds (20 m) qui lui a permis d’arriver dans le top 3 du Billabong XXL Challenge. Les autres héros de cette journée, Peyo Lizarazu, Max Larretche, Yan Benetrix, Todd Lee et Fred Basse, auront écrit ce jour-là une des plus belles pages du surf européen.

Cow Reef. Encore une de ces vagues inaugurées grâce au tow-in en Australie de l’Ouest, non loin de Margaret River. Au mois de mai dernier, Taj Burrow et une demi-douzaine de surfers du cru se sont frottés à ce nouveau spot en haute mer.

Dorian. Shane Dorian est en train de vivre sa deuxième vie de surfer, après avoir passé plus de 10 ans sur le circuit WCT où il a avec la new school generation révolutionné le surf de compétition. Aujourd’hui, il fait partie des meilleurs tow-in riders de la planète, notamment à Teahupoo et à Cloudbreak où il a récemment surfé les plus grosses vagues que ces spots ont pu produire. Une évolution logique pour cet Hawaiien qui, très jeune, avait déjà une réputation de big wave rider. Parmi ses récents exploits, on se souvient de la cover de Surfing (déc. 2005) et le sujet consacré à la dernière session de tow-in à Fidji dans le numéro d’août de Surfer mag.

Fletcher, Herbie Fletcher. Dans les années 80, le père Fletcher s’était fait remarquer en ridant avec un jet ski les vagues du North Shore et notamment Pipeline. A l’époque, il fut plutôt critiqué par les autres surfers, mais, tel le précurseur qu’il a toujours été, Herbie Fletcher était déjà sûr que le jet ski participerait à l’évolution du surf. En 87, il tracte Martin Potter sur une vague à Pipeline, mais personne ne les pris aux sérieux, sauf Hamilton, Kerbox et Doerner, les pionniers du surf tracté. Pour voir les exploits d’Herbie Fletcher en jet ski dans les années 80/90, visionnez la vidéo Blue highway expert.

Ghost Trees, un spot situé dans une énorme baie de la Californie du Nord, la réserve naturelle de Monterrey. Spot complètement oublié et redécouvert récemment grâce au tow-in, Ghost Trees est ressorti de l’anonymat après une session d’anthologie le 9 mars 2005 où elle livra à quelques surfers téméraires (Don Curry qui a donné le nom à la vague et Ed Guzman) des monstres de 10 m.

Hamilton, Laird Hamilton. Inventeur du tow-in avec ses potes Darrick Doerner et Buzzy Kerbox, il surfa pour la première fois tracté par un zodiac au large de Sunset Beach sur le North Shore. Après cette session, le surf de grosses vagues s’en trouva changé à jamais.
Plus tard, l’utilisation de jet skis, de planches plus courtes, plus lourdes et munies de straps permettra de réaliser sur les grosses vagues ce que les surfers n’imaginaient que dans leurs rêves les plus fous.

Joyeux, Malik Joyeux. Le Tahitien nous a quittés l’année dernière lors d’une session à Pipeline. Avant ça, il avait été l’auteur de rides épiques à Teahupoo. Tout le monde se souvient encore de cette vague sortie de nulle part, shootée le 29 avril 2003, qui lui avait permis de remporter le titre prestigieux du “tube de l’année” du Billabong XXL.

Kalama. Dave Kalama est, avec son partenaire Laird Hamilton, celui qui maîtrise le mieux le spot de Jaws. Il fait partie de cette espèce de surfers que l’on appelle les “watermen”, capables de rider les plus gros monstres et pratiquant les sports aquatiques à un très haut niveau, qu’il s’agisse de tow-in, de surf, de longboard et de funboard, la discipline pour laquelle il était surtout connu avant ses exploits à Jaws. Dave Kalama est aussi un “sage” qui jouit d’une aura exceptionnelle auprès de ses pairs.

Larronde et Lartizien. Les deux surfers français qui vivent sur l’île de Maui à Hawaii furent les premiers français à pouvoir surfer régulièrement le célèbre spot de l’île, même s’il a fallu batailler dur pour se faire une petite place au line up. Si la cohabitation avec les locaux très protecteurs n’a pas toujours été facile, les deux partenaires ont eu leur lot de sensations et sont désormais dans tous les bons coups lorsque Jaws ou Belharra daignent se présenter sous leur meilleur jour.

Outer Reef. Il s’agit de ces spots qui se trouvent au large des îles Hawaiiennes, notamment O’ahu, Kauai et Maui, et qui ne fonctionnent qu’exceptionnellement par houles énormes. Parmi ces spots, citons Phantoms et Outside Log Cabins, deux vagues sur lesquelles de belles pages de l’histoire du tow-in ont été écrites. On se souviendra notamment de ce ride épique de Ken Bradshaw à Log Cabins le 28 janvier 1998.

Pea’hi, le véritable nom de Jaws sur l’île de Maui à Hawaii. C’est là que le surf tracté a pris toute sa signification sous l’impulsion de Laird Hamilton, Dave Kalama, Darrick Doerner et Buzzy Kerbox. Le spot déroule sur un haut-fond à près de 3 km du rivage et la vague est régulièrement au rendez-vous. Longtemps protégée par Laird et les locaux, elle est aujourd’hui devenue plus accessible, même s’ils ne voient pas cela d’un très bon œil, surtout après la session du 12 décembre 2004 avec plusieurs dizaines de jet skis et d’hélicos sur le spot. Un véritable champ de bataille.

Quête de la vague. Aujourd’hui, les tow-in riders ne se contentent plus d’attendre que la houle veuille bien offrir de quoi se mettre quelque chose sous la board. Recherche de hauts fonds à travers les cartes des reliefs océaniques, mais aussi observation aérienne comme pour Cortes Bank, ou à l’œil nu comme pour Belharra. A l’affut des grosse dépressions, les tow-in riders sont toujours prêts à partir pour une session quelque part dans le monde.

Réchauffement planétaire. « Le réchauffement global de la planète provoque des tempêtes énormes dans les océans. C’est malheureux à dire, mais de belles sessions se profilent pour nous tow-in surfers. » Cette phrase sort de la bouche de Laird Hamilton, le boss en matière de surf tracté. Même si les scientifiques semblent partagés pour l’instant, de fortes présomptions laissent bien penser que le réchauffement climatique de la planète est bien à l’origine de nombreuses tempêtes, plus violentes et plus fréquentes que jamais.

Slab. C’est le nom donné à ces vagues mutantes comme Shark Park. Des vagues qu’on n’aurait jamais imaginées surfer autrement qu’en tow-in. Elles ne sont pas forcément toutes gigantesques comme Jaws, mais leur puissance, leur violence et les take off aériens ne permettent pas de les surfer à la rame. Citons aussi Dungeons en Afrique du Sud ou Cyclops et Shipsterns en Tasmanie. Et des centaines d’autres ne demandent qu’à être découvertes.

Teahupoo. Aujourd’hui, le spot du “bout de la route” peut se targuer d’avoir pris la place de Pipeline pour le titre de “vague la plus photographiée dans le monde” et il devient quasiment impossible d’ouvrir un magazine de surf sans qu’on y trouve un cliché de la belle tahitienne. En tow-in, Teahupoo n’est pas avare de sensations. Souvent au rendez-vous, elle offre chaque été son meilleur visage. Teahupoo est la vague à tow-in par excellence.

Van Bastolaer. Le Tahitien Raimana van Bastolaer est devenu l’un des leaders du tow-in grâce à ses exploits sur la vague de Teahupoo. Avec Vetea David et son partenaire feu Malik Joyeux, Raimana shoote Teahupoo comme vous posteriez une lettre, bref le petit Tahitien est un king. Sa gentillesse toute polynésienne est à l’image de son talent, du pur aloha. Outre ses gros barrels, Raimana s’est illustré lors d’une session à Teahupoo frôlant la correctionnel en évitant le jet ski de Reef Mc Intosh, son partenaire. La photo à fait le tour de la planète.

Waterman. Ce “titre”, symbolique et honorifique à la fois, est donné aux surfers dont les prouesses dans les grosses vagues les ont rendus pratiquement plus à l’aise en milieu aquatique que sur la terre ferme. Ces hommes poissons sont capables de survivre à des situations que le commun des mortels ne peut même pas imaginer en cauchemar.

XXL Billabong Challenge. Chaque année, le surfer ayant shooté la plus grosse vague en tow-in se voit récompenser par Billabong d’un gros chèque de 60 000 $ pour une vague de 60 pieds minimum. Ensuite, pour chaque pied supplémentaire, Billabong offre un bonus de 1000 $. En 2006, Brad Gerlach s’était vu attribuer un chèque de 68 000 $ pour une vague de 68 pieds shootée à Todos Santos. Le photographe, quant à lui, se voit offrir une prime de 5000 $.

Z
one d’impact. L’endroit où la vague explose. Mieux vaut ne pas y squatter à Teahupoo, à Jaws ou à n’importe quel autre spot de tow-in digne de ce nom. En espérant ne pas y voir trop de surfers s’y retrouver cet hiver…
 


Sites web
www.towsurfer.com, pour suivre l’actualité du tow-in dans le monde.
www.towsurfingadventures.com, un site contant les exploits de tow-in surfers sur les gros spots californiens.
www.billabongxxl.com, pour suivre toute l’année l’évolution et le classement du Billabong XXL Challenge, en tow-in et à la rame.

Vidéos
Shark Park, pour découvrir le dernier psycho spot californien avec des gros wipe outs de Garrett Mac Namara. Produit par Greg Huglin, (X-treme Video).
Riding Giants, documentaire exceptionnel sur l’histoire du surf de grosses vagues, de ses débuts dans les années 50 au tow-in d’aujourd’hui (Forever Films et Studio Canal).
All aboard the crazy train, un film de tow-in essentiellement tourné à Maui avec des invités comme Ben Harper et Ben Stiller. BO de Pearl Jam. (Bam Man Films, X-treme Video).

 
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